Pour ou contre l’avortement de la chienne ?

Selon le Dr Jean Cuvelier, auteur du livre Mémento du vétérinaire chez Marabout, il y aurait en France plus de 100 000 avortements pratiqués annuellement chez les chiennes. Si ce chiffre est exact, cela veut dire qu’à peu près une chienne sur 50 subit un avortement en France. C’est énorme mais pas si surprenant si on considère que le taux de stérilisation des chiens mâle ou femelle.

D’ailleurs, en Europe, pour des raisons culturelles, on préfère utiliser des moyens contraceptifs (pilule de progestagène donnée quotidiennement, couche protectrice, mise en quarantaine, etc.) plutôt que d’atteindre à l’«intégrité » des femelles ou la « virilité » des mâles. Ce qui donne lieu à des situations ou une grossesse non désirée doit se terminer par un avortement et ce, pour différentes raisons : chienne trop vieille ou malade, propriétaire ne voulant pas de chiots, un des deux chiens n’est pas de la bonne race ou trop grand, etc.

Dans certains pays comme au Quebec, les avortements sont très rares car une grande proportion des animaux est stérilisée et bien souvent l’interruption de grossesse occasionnelle se terminera plutôt par l’ovario-hystérectomie de la chienne avant que les fœtus ne soient trop développés. A l’occasion, on procédera à un avortement chez des chiennes de race qui sont utilisées pour la reproduction mais pour lesquelles on ne souhaite pas une grossesse immédiate (exposition à venir, accouplement non désiré, maladie passagère). Mais à chaque fois, une bonne discussion aura lieu entre le propriétaire et le vétérinaire afin que tout le monde comprenne les risques encourus par cette procédure. Car règle générale, les vétérinaires au Québec ne sont pas trop pro avortement !

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Toutefois, si jamais une telle situation devait survenir, sachez que l’avortement ne se fait pas par curetage mais en administrant des hormones. On doit procéder à une injection d’œstrogène dans les 48 heures suivant l’accouplement. Le taux de succès se situe au-delà de 95 % mais avec un risque non négligeable d’induire une stérilité à long terme (pas très bon pour une reproductrice) ou même une infection de l’utérus qui peut s’avérer catastrophique et mettre la vie de la bête en danger.

L’utilisation de prostaglandine est aussi possible et doit se faire à compter du 30e jour de gestation. On procède à trois injections à intervalle de 48 heures. Dans ce cas, une hospitalisation est souvent nécessaire car les effets secondaires peuvent être très importants. Sans compter les frais que peut engendrer une telle procédure.

Bref, chez les chiens, la meilleure méthode de contraception reste encore la stérilisation!

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      Rémi Guérin : éducateur canin et comportementaliste pour chien