Mon chien est-il fou ?

Même si l’expression n’existe pas vraiment dans le langage médical vétérinaire, je la trouve assez imagée, surtout lorsqu’elle est associée aux pathologies comportementales que sont les troubles obsessionnels compulsifs désignés sous l’acronyme TOC.

En fait, le chien « toqué» présente un ou des comportements répétitifs à l’excès qui semble créer chez lui une véritable obsession. Ces gestes n’ont aucune fonction utile et à long terme, ils finissent par causer énormément d’anxiété et nuire au bon fonctionnement normal de l’animal.

Contrairement à un chien qui, à l’occasion court après sa queue, les « toqués » sont incapables d’arrêter, au point où plus rien d’autres ne les intéresse. Voici quelques exemples de troubles obsessionnels compulsifs chez le chien :

  • un chien qui chasse des ombres,
  • court après les lumières ou essai de mordre des mouches imaginaires.
  • Certains s’amusent à faire la toupie au point d’en perdre l’équilibre physique et … mental,
  • d’autres s’automutilent en se mordant une patte ou se léchant constamment les flancs.
  • Il arrive aussi de voir des chiens longer des clôtures tels des ours en cage,
  • ronger ou lécher tout ce qui leur tombe sous la dent (roche, jouet, métal)
  • ou simplement s’asseoir et émettre des sons plaintifs comme s’ils étaient en présence d’un fantôme ou s’ils voyaient des éléphants roses !

Certaines races comme les doberman, berger allemand, border collie ou schnauzer, seraient plus sujettes à ce genre de problème.
Le diagnostic n’est pas toujours simple à poser car il est importe de bien différencier un trouble obsessionnel compulsif d’une simple mauvaise habitude légèrement répétitive.

Une fois confirmée, il faudra tenter d’éliminer, si c’est le cas, la cause médicale qui aurait pu déclencher le comportement. Par exemple, une maladie cutanée ou même de simples puces causant de fortes démangeaisons, pourrait amener un chien à se lécher sans arrêt et donner la fausse impression qu’il souffre de TOC. Tout élément de stress causant de l’anxiété ou de l’ennui devra aussi être éliminé : un chien laissé toujours seul et souffrant d’anxiété peut finir par développer ce genre de comportement. On suggère alors d’augmenter les activités physiques avec l’animal, question de lui trouver autre chose de plus intéressant à faire et surtout, ne pas s’occuper du chien lorsqu’il recommence ses obsessions.

Évidemment, l’utilisation d’antidépresseurs tricycliques agissant sur les neurotransmetteurs au niveau du cerveau peut être intéressante pour aider votre chien à se sortir de ces parfois désespérants troubles ! N’oubliez pas que les traitements ne doivent pas être automatique, il y a parfois des solutions à trouver avec votre comportementaliste. Si vous êtes sur la région de Bordeaux et que votre chien souffre de ce types de problèmes. N’hésitez pas à me contacter.

Voter
Nous serions ravis de connaître votre avis

      Laisser un commentaire

      Rémi Guérin : éducateur canin et comportementaliste pour chien