L’épilepsie chez le chien

Nous avons reçu un témoignage, le voici : Édouard, notre boxer d’un an, jouait au ballon avec les enfants lorsque la première crise se produisit. Il s’écroula dans l’herbe de tout son long et son corps en entier devint raide et secoué de spasmes. Ses yeux étaient ouverts mais il semblait aveugle ou inconscient. De la salive s’écoulait de sa bouche.

Les enfants, pris de panique, m’appelèrent en pleurant. Je ne sais pas combien de temps tout cela a duré, mais quand je suis sortie sur le patio, Édouard revenait péniblement à lui. Il fit quelques pas en titubant, semblait faible et confus. Après une quinzaine de minutes, Édouard revenait à la normale. Édouard s’excitait énormément quand il jouait au ballon et j’avais déjà averti les enfants de ne pas ambitionner avec ce jeu. Pensant que notre chien avait eu un malaise cardiaque, j’ai chicané les enfants…

La semaine suivante, nous regardions une vidéo et Édouard était bien calé dans son fauteuil favori. Tout à coup, le voilà qui bascule sur le côté, le corps traversé de gros tremblements. Il urine sur lui sans se rendre compte, il bave, ses pattes pédalent dans le vide et je me mets à hurler de panique.

Édouard est revenu à lui dans le stationnement de la clinique vétérinaire. Le vétérinaire m’a réconfortée et calmement expliqué qu’il s’agissait probablement d’épilepsie. Ce diagnostic en est un d’exclusion, c’est à dire qu’on doit exclure toutes les autres causes et maladies ayant comme symptômes des convulsions sans pour autant être de l’épilepsie :

  • Empoisonnement,
  • trauma crânien,
  • distemper,
  • hypoglycémie,
  • maladie du foie.

L’examen physique et les prises de sang effectués sur Édouard étant normales, un diagnostic d’épilepsie fut posé. Le vétérinaire nous a recommandé d’aviser notre éleveur puisque l’épilepsie est souvent héréditaire lorsqu’elle survient chez un jeune chien.

{loadposition pub}

Quand est ce qu’on traite l’epilespsie

Le vétérinaire nous a expliqué que l’épilepsie est un problème sérieux mais qui peut être contrôlé. On considère un traitement lorsque les crises sont sévères, généralisées et qu’elles surviennent plus fréquemment qu’une fois par deux mois. Même avec une thérapie adéquate, on considère acceptable de constater des crises occasionnelles (une fois à tous les 3 ou 4 mois). Il existe plusieurs médicaments contre l’épilepsie mais le bromure de potassium a nettement la faveur étant donné sa grande efficacité et le peu d’effets secondaires qu’il produit. Contrairement à d’autres médicaments utilisés, il n’est pas toxique pour le foie.
Ce qui nous a convaincus de traiter Édouard, c’’est de savoir qu’il n’était pas conscient lors de ses crises, donc il ne souffrait pas. Contrairement à la croyance populaire, la langue n’obstrue pas les voies respiratoires et la vie d’un animal est rarement en danger lors d’une crise d’épilepsie. Les crises n’affectaient pas ni son intelligence ni sa longévité et il pourrait vivre une vie normale à condition qu’il prenne son bromure en liquide matin et soir. On a insisté sur le fait que la médication prenait un certain temps avant d’agir efficacement et qu’en début de traitement on doit parfois faire des ajustements de dosage. Le but est de trouver la plus petite dose qui pourra contrôler ses crises. Ceci explique pourquoi il est important de venir périodiquement pour des prélèvements sanguins qui vérifieront la quantité de bromure dans le sang d’Édouard. Tout compte fait, il s’agit de bien peu pour garder notre toutou heureux et en santé!
J’écris ces lignes quelques mois après ces évènements et Édouard n’a pas refait de crises. Il a repris ses turbulents matchs de ballon avec les enfants… et il gagne à tout coup!

Laisser un commentaire