Les troubles du sommeil chez le chien

Comme toutes les autres fonctions de l’organisme, le sommeil peut être modifié par un processus pathologique. C’est ainsi que la durée du sommeil peut être affectée. En cas d’augmentation, on parlera d’hypersomnie et lors de diminution , d’insomnie.

Les hypersomnies :

Elles ne s’observent chez le chien que dans le cas d’une maladie héréditaire qui touche principalement les Labradors, Caniches nains, Basset-Hound et Pinchers. Cette maladie se traduit par des accès de sommeil paradoxal survenant brutalement lors d’une émotion agréable telle que la prise de nourriture ou le jeu. L’animal s’écroule donc, flasque et il se relève un moment après comme si rien ne s’était passé. Les premiers signes de la maladie apparaissent très tôt, souvent avant la sixième semaine d’âge. Mais chez certains sujets, la maladie semble s’atténuer au moment de l’adolescence.

Cette maladie est actuellement incurable et les médicaments disponibles ne permettent que de limiter le nombre de «crises». L’observation de ces symptômes chez un chiot nécessite un examen vétérinaire et ce dernier fera le diagnostic différentiel avec d’autres maladies au moyen de tests cliniques particuliers. La reproduction est tout à fait déconseillée pour les sujets atteints de cette maladie.

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Les insomnies :

Elles peuvent être dues à de nombreuses pathologies, notamment à toutes celles qui s’accompagnent de douleur ou d’une difficulté respiratoire. Mais il arrive aussi que les insomnies fassent partie de symptômes d’une maladie comportementale et il est alors important de les repérer.
Les anxiétés, par exemple, provoquent des insomnies légères dues à des réveils brusques durant les phases de sommeil paradoxal. Ces réveils brusques sont parfois accompagnés de petites mictions correspondant à des réactions de peur et, plus rarement, d’une véritable panique avec des plaintes ou de l’agressivité pouvant aboutir à la destruction d’objets.
Plus graves sont les insomnies des dépressifs car elles correspondent non seulement à une diminution de la durée du cycle mais aussi à une modification structurale de ce dernier. Dans ce cas, la durée du sommeil paradoxal est augmentée avec des réveils fréquents durant ces phases. De plus, ces chiens vont intervertir l’ordre des phases dès l’endormissement. Les chiens souffrant de dépression sévère s’endorment en effet en sommeil paradoxal et se réveillent en sursaut presqu’immédiatement au lieu de s’endormir en sommeil profond comme un chien normal. Assez vite ces chiens manifestent de l’inquiétude lorsque le besoin de sommeil se fait sentir : ils tournent et virent, se plaignent et ne s’endorment que lorsqu’ils ne peuvent plus lutter. Certains médicaments permettent actuellement de corriger rapidement ces désordres et la restitution de cycles de sommeil normaux semble améliorer le pronostic de la maladie.

Si le rôle du sommeil chez le chien n’est pas encore tout à fait élucidé, en revanche les spécialistes s’accordent à dire que ses altérations aggravent et entraînent des troubles émotionnels. Par contre, plus les vétérinaires étudient les problèmes de sommeil, plus ils appliquent des thérapies efficaces.

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      Rémi Guérin : éducateur canin et comportementaliste pour chien